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J. Braga
Comme pour la dent, la structure de l’os peut être étudiée à différentes échelles de résolution. Au plan macroscopique, la structure de l’os porte plus sur ses rapports topographiques avec les éléments anatomiques dont il assure la protection (par exemple, le cerveau), ou avec lesquelles il est en rapport anatomique (par exemple, les nerfs, artères, ou veines). Du fait de ses rapports topographiques avec des structures anatomiques qui ne se conservent que très rarement après la mort, la structure macroscopique de l’os représente donc une source importante d’informations sur le phénotype d’un organisme. Deux axes importants de recherches sont ainsi développés autour de la structure de l’os afin de recueillir des informations à propos de la géométrie de deux structures anatomiques ayant joué un rôle très important au cours de l’évolution de l’Homme :
le cerveau. Dans le cas du cerveau, la structure osseuse à étudier afin de tenter d’en reconstituer l’évolution est le moulage interne de la boîte osseuse qui le renferme : l’endocrâne. Dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut National de Recherche en Informatique et Automatique de Rennes (http://www.inria.fr/recherche/equipes/visages.fr.html), nous développons des outils automatiques de morphométrie 3D pour l’analyse d’endocrânes reconstruits virtuellement sur ordinateur à partir d’acquisitions tomodensitométriques de crânes secs d’espèces de primates (y compris l’Homme) actuels ou fossiles. Les endocrânes sont la seule représentation indirecte du cerveau d’espèces éteintes, y compris de nos ancêtres. Bien entendu, l’une des questions qui se pose immédiatement (et à laquelle nous tentons également de répondre) est : l’endocrâne est-il une bonne représentation du cerveau ? Pour tenter de reconstruire certains éléments de l’évolution cérébrale de l’Homme, nous étudions, par le recours à des méthodes mathématiques automatiques dites de « superposition », les paramètres globaux (forme, volume, aire), les paramètres locaux (traces des circonvolutions cérébrales, des vaisseaux …) et les asymétries des endocrânes d’espèces fossiles, de l’Homme et des deux espèces de Chimpanzés.
l’oreille interne et moyenne. L’oreille interne contient l’organe de l’ouïe (la cochlée) et le système vestibulaire, organe de l’équilibre, permettant la perception de la position angulaire de la tête et de son accélération. L’oreille moyenne renferme une chaine de trois osselets : le marteau, l’enclume et l’étrier. Ce dernier, par ses mouvements, va transmettre à la cochlée, via la fenêtre ovale et le vestibule, les ondes enregistrées par le tympan. Les structures osseuses à étudier afin de reconstituer l’évolution de l’ouïe et de l’équilibre sont donc à la fois les trois osselets de l’oreille moyenne, mais aussi le labyrinthe osseux, un ensemble de petites cavités (d’une longueur d’environ 20 mm) creusées dans la partie pétreuse de l’os temporal : le labyrinthe postérieur comprenant le vestibule, l’aqueduc du vestibule et les trois canaux semi-circulaires ; le labyrinthe antérieur comprenant la cochlée. La géométrie 3D fines de ces petites structures, sa variabilité intra-espèces (asymétrie …), demeure inconnue, y compris chez l’Homme. En effet, ce type d’étude nécessite des examens micro-tomodensitométriques. Notre recherche porte sur ce point, sur la reconstruction 3D assistée par ordinateur et l’étude de ces structures chez l’Homme et les fossiles, leur évolution, à partir de la réalisation d’examen tomodensitométriques sur os sec. A la suite de la découverte par notre équipe d’une partie pétreuse fossile de plus de 2 millions d’années, nous avons engagé en 2009, un important travail d’anatomie comparée en 3D sur les vestiges humains fossiles, l’Homme actuel, les deux espèces de Chimpanzés et les Babouins. Cette recherche est en cours de publication, quelques images étant disponibles sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Oreille_interne (« Galerie Anatomie »).
Publications
Braga J, Crubézy E, Elyatqline M 1998 The posterior extent of the sphenoid greater wing and its phylogenetic usefulness in human evolution. American Journal of Physical Anthropology 107, 387-400.
Braga J, Boesch C 1997 Further data about venous channels in South African Plio-Pleistocene hominids. & The “ radiator ” bias, Reply to Falk and Gage. Journal of Human Evolution 33, 423-447 & 503-506.
Braga J 1995 Emissary canals in the Hominoidea and their phylogenetic significance. Folia Primatologica 65, 144-153.
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